
7 avril 2026
Les invalidités longue durée bondissent de 18% à CBC/Radio-Canada
Vous vous souvenez de cette expression pandémique un peu lointaine, « ça va bien aller »? Euh, non, collectivement nous n’allons pas bien et ça nous coûtera cher à partir de juillet. En cause : la hausse importante des collègues en invalidité longue durée (ILD).
En décembre 2024, 228 employés de CBC/Radio-Canada étaient absents depuis plus de 15 semaines. Au 31 décembre 2025, ils étaient 270, ce qui représente un bond de 18,4 % en un an.
Imaginez une salle avec 270 postes de travail, tous vides. Il ne s’agit pas de malades imaginaires, mais d’autant de collègues « tombés au combat » depuis plus de trois mois.
Le régime d’ILD, nous le payons entièrement. Ce régime a bouclé l’année 2025 avec un déficit de plus de 7,6 millions de dollars, a-t-on appris lors de la plus récente réunion du Comité consultatif sur les avantages sociaux (CCAS).
Les cotisations, établies à 1,734% du salaire des employés, vont augmenter et de beaucoup, a averti le gestionnaire. Il faut s’attendre à une hausse dans les deux chiffres, a-t-il ajouté.
On connaîtra la hausse exacte au début de juin.
Les représentants du STTRC au CCAS ont demandé deux choses.
D’abord, une rencontre spéciale pour analyser les causes et établir un plan. Et surtout, que cette rencontre inclut les vice-présidences de toutes les sections de CBC/Radio-Canada. Ce n’est pas juste une affaire de gestion des ressources humaines et d’avantages sociaux, c’est un enjeu d’entreprise.
CBC/Radio-Canada n’est pas la seule responsable de la crise financière que nous traversons depuis quelques années (hausse galopante du prix des produits alimentaires, crise du logement, hausse vertigineuse du prix des maisons, etc). Mais elle possède des leviers qui peuvent influer.
Ensuite, nous devons revoir l’organisation du travail et questionner nos façons de faire avec franchise et ouverture. Nous travaillions constamment sous pression, ce n’est pas sans effet. Pour paraphraser un secrétaire de rédaction, il n’y a plus de journées tranquilles, « nous travaillons dans une succession de crises ».
Cet exercice doit se faire avec les quatre syndicats, soit le STTRC, la Guilde canadienne des médias, l’Association des professionnels et superviseurs (APS) et l’Association des réalisateurs (AR).
Il y a 20 ans, à la demande de CBC/Radio-Canada, le professeur Jean-Pierre Brun et son équipe avaient sondé notre état de santé collectif. Le professeur Brun était arrivé à la conclusion que les absences pour cause de maladie équivalaient à près de 300 employés à temps plein par année. Vingt ans plus tard, nous y sommes presque… Il nous semble que cela impose un minimum d’introspection et d’honnêteté.



